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Atacama Crossing
250 km dans le désert d'Atacama, Chili

Atacama Crossing: 250 km de course au Chili (© P. Gatta)
Atacama Crossing : 250 km de course au Chili (© P. Gatta)

La course Atacama Crossing

L'Atacama Crossing est une course de 250 km qui se déroule dans le désert d'Atacama, autour de San Pedro d'Atacama au Chili. Il y a 6 étapes en 7 jours : pratiquement 4 Marathons en 4 jours, puis 74 km, un jour de repos et une dernière étape de 11 km.

La course Atacama Crossing est en autosuffisance, c'est à dire que nous devons porter tous nos vêtements, un sac de couchage, le matériel obligatoire, le kit médical et 7 jours de nourriture. L'organisation ne fourni que l'eau (10 à 13 litres par jour) et les tentes pour les nuits. Choisir le bon matériel et la nourriture est vraiment important et en même temps c'est un challenge car tout doit tenir dans le sac à dos et faire moins de 9 kg (sans l'eau).

Le concept général de la course et très similaire au Marathon des Sables et aux courses organisées par RacingThePlanet: Sahara Race, Gobi March, Atacama Crossing, la Jordanie, Madagascar et le Last Desert en Antarctique. Nombreux sont ceux qui trouvent qu'Atacama est le plus dur.

Comme dans toutes ces courses, la température est une des principales difficultés. Dans l'Atacama il fait généralement moins chaud que dans les autres déserts, bien que j'ai mesuré 46°C lors de la longue étape, mais c'est surtout les nuits qui diffèrent car la température peut descendre jusqu'à 5°C. Il faut donc prendre des vêtements chauds pour le bivouac. Autre particularité d'Atacama, le sol est beaucoup plus caillouteux donc là encore il faut prendre un matelas mousse que l'on ne prend pas généralement pas sur les autres épreuves. Au final tout cela alourdi le sac. Enfin, la course se déroule entre 3500 et 2400 mètres d'altitude ce qui ajoute une difficulté supplémentaire.

Anna Gatta et Philippe Gatta ont décidé de faire l'ensemble de la course ensemble et de courir en équipe.

Laguna Chaxar, Salar d'Atacama (© P. Gatta)
Laguna Chaxar, Salar d'Atacama (© P. Gatta)



Vidéo de l'Atacama Crossing

Vidéo de l'Atacama Crossing (© P. Gatta)



L'agenda de la course Atacama Crossing

La course Atacama Crossing se déroule sur 10 jours. Les compétiteurs doivent arriver à San Pedro d'Atacama (Chili) au moins deux jours avant la course, c'est à dire le vendredi mais il est conseillé d'arriver quelques jours avant pour visiter et s'acclimater à l'altitude. Le samedi, il y a le briefing, la vérification de l'équipement, le contrôle médical et le transfert en bus vers le premier camp (1h30). La course commence le dimanche matin et se termine le samedi suivant. La remise des prix et le banquet sont le samedi soir.

La course commence dans la vallée du Rio Grande, à 40 km nord-ouest de San Pedro d'Atacama à une altitude de 3050 mètres. C'est d'ailleurs le point le plus haut de la course. Puis la course part vers le Sud-est à travers le désert et de petits canyons.

La deuxième étape commence dans un canyon et traverse une rivière à plusieurs reprises, puis elle suit une superbe crête qui surplombe vallée de la Mort et termine à la Laguna Cejar (lac) dans le Salar d'Atacama. Cette étape est sans doute la plus variée et la plus belle.

La troisième étape continue dans la même direction, traverse un salar difficile (sel mou ou sous forme de croute) puis elle monte vers l'observatoire ALMA, passe un bel oasis avant d'atteindre le camp situé très près des volcans.

La quatrième étape traverse le village de Toconao avant de rentrer à nouveau dans le Salar d'Atacama. Le camp est situé à l'Ojos del Salar, deux petites lagunes où il est possible de se baigner.

La longue étape fait une sorte de U dans le Salar d'Atacama, puis traverse la Cordillère de la Sal et va du Nord pour traverser la vallée de la Lune (Valle de la Luna). Cette étape est assez variée et il y a de longues sections moins techniques où il est possible de courir.

La dernière étape est courte et va de la Vallée de la Lune (Valle de la Luna) à San Pedro d'Atacama.

Dans l'ensemble les concurrents traversent différents types de terrains ; salars, sables, rochers, chemins de terre, pistes pour un total de 230 km (en 2012) et un dénivelé positif de 1510 m et négatif de 2210 m (mesuré avec une Suunto T6d). L'altitude varie entre 3050 m et 2320 m.

Vallée de la Lune / Valle de la Luna (© P. Gatta)
Vallée de la Lune / Valle de la Luna (© P. Gatta)

Matériel et nourriture pour l'Atacama Crossing

Anna et moi avons passé beaucoup de temps pour choisir le matériel et surtout la nourriture pour la course. Au final voici la liste de ce que nous avons emporté pour 7 jours de course :

Matériel et nourriture pour la Atacama Crossing (© P. Gatta)
Matériel et nourriture pour la Atacama Crossing (© P. Gatta)

Le deuxième défi a été de choisir la nourriture. Le règlement impose de prendre au moins 14 000 calories, mais ce n'est pas suffisant pour moi. Pour le Marathon des Sables j'avais 22 475 calories (4,47 kg), pour la course du Sahara j'avais 21 925 calories (4,48 kg). Pour l'Atacama Crossing j'ai emporté 21 435 calories (4,2 kg). Malheureusement, j'ai dû prendre moins de nourriture pour compenser les vêtements de rechange et de matelas que j'avais en plus. Anna a emporté 18 075 calories (3.625 kg). Il a été encore plus difficile pour elle de décider quelle quantité de nourriture prendre car c'était sa première course de ce type.

L'autre difficulté a été de choisir le bon équilibre entre protéines, glucides et lipides. Voici la répartition finale : 16,5% de protéines, 57% de glucides et 26,5% de lipides. Nous avons également dû trouver de la nourriture qui peut résister 7 jours à des températures jusqu'à 45°C, qui peut tenir dans un petit sac à dos sans être totalement écrasée. Tout cela doit être léger mais doit quand même être agréable à manger car 7 jour c'est long. Il suffit de regarder la taille d'un caddy à la sortie du supermarché pour se rendre compte que faire rentrer ça dans un sac de 35 litres n'est pas simple.

L'Atacama Crossing 2012

3 Mars : Briefing et transfert au Camp 1

Les 160 concurrents venus de 35 pays différents sont arrivés à San Pedro d'Atacama les jours précédents.

La veille de la course, nous avons profité de la dernière nuit confortable et de la dernière douche avant de partir pour 7 jours difficiles. Puis nous avons rencontré les autres concurrents, le staff de la course et les médecins pour le briefing et les contrôles.

Nous somme partis de San Pedro d'Atacama vers 15 heures en direction de la vallée du Rio Grande.

Philippe au camp 1 (© A. Gatta)
Philippe au camp 1 (© A. Gatta)

A cause des inondations des semaines précédentes, les organisateurs ont dû changer l'emplacement du camp 1 mais finalement ce nouveau site est tout aussi bien, en bordure d'un petit lac et d'un canyon.

Pendant toute la semaine de course nous avons partagé la tente avec deux Français ; Cécile Bertin et Fabrice Trioullie, et cinq Allemands. Cécile tente le Grand Chelem, c'est-à-dire l'enchaînement des 4 Desert Race en un an.

La pluie a fait son retour dans l'après-midi et tout le monde s'est précipité pour couvrir les tentes avec des bâches. Entre deux averses, nous avons également participé à un projet de recherche médicale sur l'évolution du taux de sodium. Nous avons donc fait 4 prises de sang durant la semaine de course.

Anna préparant son premier repas au camp 1 (© P. Gatta)
Anna préparant son premier repas au camp 1 (© P. Gatta)

4 Mars, 1ere étape : "Navigation by Rock" - 33 km

Le mauvais temps d'hier s'est dissipé pendant la nuit et au petit matin il fait beau. Par contre à 3050 m il fait plutôt frais et on apprécie nos vestes en duvet.

Comme chaque jour, nous écoutons le briefing à 7h30 avant de commencer la course à 8h.

Départ de la première étape de l'Atacama Crossing (© P. Gatta)
Départ de la première étape de l'Atacama Crossing (© P. Gatta)

Cette première étape a commencé par un désert rocailleux, où alternent des parties ouvertes et de beaux petits canyons.

Début de la première étape (© P. Gatta)
Début de la première étape (© P. Gatta)

La température était agréable pendant les deux premières heures, puis elle a augmentée progressivement pour atteindre les 30°C en mi-journée.

Dans un des canyons de la première étape (© A. Gatta)
Dans un des canyons de la première étape (© A. Gatta)

Nous avons couru toute cette section avec Cécile et Fabrice en discutant de différentes courses.

A mi-chemin lors de l'étape 1 (© P. Gatta)
A mi-chemin lors de l'étape 1 (© P. Gatta)

Après le dernier point de contrôle (CP) nous sommes entrés dans un grand canyon rouge. A l'abri du vent il a commencé à faire très chaud. C'était bizarre de souffrir de la chaleur tout voyant la neige du volcan Licancabur juste en face de nous, à seulement 30 km.

Anna dans le dernier Canyon, le volcan Licancabur dans le fond (© P. Gatta)
Anna dans le dernier Canyon, le volcan Licancabur dans le fond (© P. Gatta)

Nous avons couru une bonne partie des 4h50 mais Anna a terminé l'étape avec les premières ampoules. Tout c'est bien passé pour Philippe qui a joué le rôle de photographe et qui termine assez "frais".

En arrivant au camp 2, nous avons eu une nouvelle tempête de vent. On a passé une partie de l'après-midi à tenir et remonter la tente pour ne pas qu'elle s'envole. Comme toujours dans ce genre de course, ce n'est pas fini quand on passe la ligne d'arrivée parce qu'il faut s'occuper des ampoules, cuisiner, manger, etc.

Vicente Juan Garcia Beneito a gagné cette étape en 2h42, nous avons terminé en 4h49. Le dernier concurrent est arrivé vers 18h après presque 10 heures d'effort, respect !

5 Mars, 2e étape : "Slot Canyons" - 34 km

Après la chaleur d'hier et le vent violent au camp, Anna commencé à se demander ce qu'elle faisait dans cette course... Heureusement cette deuxième superbe étape de 34 km lui a remonté le moral.

Traversée d'une rivière au début de la 2e étape (© P. Gatta)
Traversée d'une rivière au début de la 2e étape (© P. Gatta)

L'étape a commencé dans des Gorges où il a fallu traverser une rivière à plusieurs reprises. C'était frais et amusant, mais l'alternance eau et sable n'a pas été idéale pour les pieds.

Etape 2 (© P. Gatta)
Etape 2 (© P. Gatta)

Quelques kilomètres plus loin, nous avons atteint le sommet d'un plateau surplombant la vallée de la Mort. Cette vallée est constituée de falaises brunes, de monticules de terre rouge avec une superbe oasis et une rivière au fond. Nous avons couru le long de la crête de ce plateau, profitant d'un des plus beaux paysages de toute la course. A presque 2700 m d'altitude, nous avons pu voir une grande partie de la région d'Atacama, les volcans de la Cordillère des Andes et de San Pedro.

L'oasis et la Vallée de la Mort (© P. Gatta)
L'oasis et la Vallée de la Mort (© P. Gatta)

Puis nous nous sommes lancés dans un nouveau sport extrême : la descente de dune à donf ! Pour une fois que nous devions descendre et non pas monter dans du sable mou, on en a profité.

Descente d'une grande dune vers la Vallée de la Mort (© P. Gatta)
Descente d'une grande dune vers la Vallée de la Mort (© P. Gatta)

Après la dune de sable, nous avons traversé la Vallée de la Mort puis après deux traversées de rivière nous sommes entrés dans le Salar d'Atacama. Les conditions ont rapidement changé avec des températures plus élevées. Malgré cela nous avons pu continuer à courir jusqu'au camp superbement placé à côté de la Laguna Cejar.

Anna descendant la grande dune (© P. Gatta)
Anna descendant la grande dune (© P. Gatta)

La vue du camp sur la lagune et les volcans était superbe. Hélas la lagune Cejar était trop salée pour se baigner mais sa couleur turquoise avec autour le blanc du sel était un plaisir des yeux. Cette étape a vraiment été un grand moment de la course.

Comme toujours dans ces courses il y a l'envers du décor ; la chaleur dans la tente a été dure à supporter et le vent s'est remis à souffler violemment donnant l'impression d'être dans un sèche-cheveux géant.

Une fois arrivé on a passé une demi-heure à soigner les ampoules d'Anna avec l'aide de Fabrice. Ajouter à cela le temps passé à attendre à la Cybertent pour envoyer un mail et à préparer à manger et la journée était passé.

Camp 2, la Laguna Cejar et le volcan Licancabur (© P. Gatta)
Camp 2, la Laguna Cejar et le volcan Licancabur (© P. Gatta)

Vicente Juan Garcia Beneito a gagné cette étape en 3h25, nous avons terminé en 6h07 et le dernier a terminé en 10h03.

6 Mars, 3e étape : "The Atacamenos Trail " - 41 km

C'est généralement le 3e jour que le plus de coureurs abandonnent. Sans doute parce qu'on est déjà fatigué par deux jours de course, le corps n'est pas totalement acclimaté et mentalement on sait qu'il y a encore plus de 4 Marathons à faire.

Départ de la 3e étape (© A. Gatta)
Départ de la 3e étape (© A. Gatta)

On a laissé la Laguna Cejar et commencé cette étape par une section difficile dans à travers le Salar. La croute de sel était parfois molle, parfois dure mais toujours inégale et masquée par les hautes herbes. Les appuis instables ont réveillé les ampoules d'Anna et son calvaire a recommencé.

Coureurs dans les hautes herbes du Salar d'Atacama (© P. Gatta)
Coureurs dans les hautes herbes du Salar d'Atacama (© P. Gatta)

Après les hautes herbes, nous avons couru sur une section de sable plus dur, nous permettant de nous économiser un peu et de gagner un peu de temps sur notre principal adversaire, le soleil. Hélas cela n'a pas duré longtemps et on a attaqué 9 km très techniques dans le Salar. Il n'y avait pas de chemin, le sol était couvert d'une croute de sel inégale et masquée par des herbes. C'était à nouveau l'enfer pour Anna et à 4.5 km/h on n'avançait pas. Il était proche de midi et ma Suunto indiquait entre 38°C et 40°C.

Anna dans les dunes (© P. Gatta)
Anna dans les dunes (© P. Gatta)

On a péniblement passé le 3e point de contrôle, près de l'observatoire ALMA. Anna a pris des antidouleurs pour essayer d'oublier ses ampoules. Ici le roadbook était clair ; les prochains 12 km étaient difficiles, il faisait déjà chaud et il n'y avait pas de secours possible avant l'arrivée au camp. On est donc parti avec 2,5 litres d'eau par personne et on a décidé de gérer tranquillement et prudemment ces 12 km.

Sandra et Anna dans la 2e partie de l'étape 3 (© P. Gatta)
Sandra et Anna dans la 2e partie de l'étape 3 (© P. Gatta)

Finalement ces 12 km ont été difficile mais beau et nous avons eu une agréable surprise juste 1 km avant le camp avec la traversée d'une nouvelle oasis.

Oasis à la fin de l'étape 3 (© P. Gatta)
Oasis à la fin de l'étape 3 (© P. Gatta)

Vicente Juan Garcia Beneito a gagné cette étape en 4h52, nous avons terminé en 7h23 et le dernier a terminé en 12h01.

7 Mars, 4e étape : "The Infamous Salt Flats" - 39 km

La première partie de cette étape a beaucoup ressemblé à la fin de la précédente ; une alternance de rochers rouges et de dunes, avec une vue imprenable sur les volcans.

Lever de soleil sur le volcan Licancabur (© P. Gatta)
Lever de soleil sur le volcan Licancabur (© P. Gatta)

Etant sur les contreforts des Andes, on avait une vue surplombante sur l'ensemble du Salar d'Atacama et sur le petit Village de Toconao.

Dunes au début de la 4e étape (© P. Gatta)
Dunes au début de la 4e étape (© P. Gatta)

Après le point de contrôle situé à Toconao, nous avons traversé une longue ligne droite de 12 km, plate et assez fade. C'est le genre de section pas vraiment palpitante où l'on avance au "mental". Anna a trouvé cette partie déprimante alors que Philippe l'a plutôt appréciée.

Dans le Salar d'Atacama (© P. Gatta)
Dans le Salar d'Atacama (© P. Gatta)

Le point de contrôle était situé à la fin de la longue ligne droite. A la suite de ça nous sommes entrés dans le Salar d'Atacama à nouveau pour une très longue et difficile section. Là aussi le mental a été important car en face de nous il n'y avait que du sel, blanc, blanc et encore du blanc.

On a attaqué le Salar au plus chaud moment de la journée. Anna souffrait toujours de ses ampoules, de la chaleur, du terrain difficile et de notre lente progression sans point de repère. Encore une fois Philippe aimé ce paysage exceptionnel mais c'est vrai que c'est plus facile d'apprécier quand on n'a pas mal et pas d'ampoule. Ce n'était pas le cas d'Anna qui galérait mais qui essayait de rester positive.

Rinçage des vêtements dans l'Ojos del Salar (© A. Gatta)
Rinçage des vêtements dans l'Ojos del Salar (© A. Gatta)

L'arrivée au camp a été une double récompense ; la fin d'une difficile étape et surtout la surprise d'avoir deux lagunes à moins de 10 mètres des tentes. Les lagunes Ojos del Salar, c'est leur nom, sont moins salées que la Laguna Cejar et nous en avons donc profité pour nous baigner et rincer les vêtements. Pouvoir se baigner pour la première fois en 4 jours et avec cette chaleur a été un plaisir immense.

Comme chaque jour un vent thermique c'est levé vers 16h suivi de peu par des orages. Cette fois ci il n'a pas plu mais les éclairs étaient très proches du camp.

Le dernier coureur arrive pendant l'orage (© P. Gatta)
Le dernier coureur arrive pendant l'orage (© P. Gatta)

Vicente Juan Garcia Beneito a gagné cette étape en 4h27, nous avons terminé en 6h53 et le dernier a terminé en 11h54.

8 Mars, 5e étape : "The Long March" - 74.2 km

La longue marche est l'étape la plus crainte dans ces courses. C'est pratiquement un double-Marathon alors qu'on en a déjà 4 fait en 4 jours.
Heureusement la baignade de la veille a rechargé un peu les batteries et surtout le mental.

On a débuté cette étape en courant les premiers 20 km à environ 8 km/h, profitant d'une bonne piste et des températures encore agréables. Après le point de contrôle 3 nous sommes entrés à nouveau dans une grande zone couverte de sel plus ou moins dur et particulièrement fatiguant. Il a commencé à faire très chaud et la réverbération du sel blanc était vraiment intense. C'était assez bizarre de voir ce sol blanc, ressemblant à de la neige alors que la température était proche de 40°C.

Anna dans le sel d'Atacama avec les Andes dans le fond (© P. Gatta)
Anna dans le sel d'Atacama avec les Andes dans le fond (© P. Gatta)

On a fait environ 13 km de Salar jusqu'au point de contrôle 4 de l'autre coté de la Cordillera de la Sal. La Cordillère n'est pas très haute mais il a fallu grimper une dune de sable de 100 m de haut pour arriver au col. On savait qu'il fallait grimper cette dune et on la voyait depuis des kilomètres. Heureusement le sable était assez dur et la vue était encore une fois superbe.

Traversé de la Cordillera de la Sal (© P. Gatta)
Traversé de la Cordillera de la Sal (© P. Gatta)

Nous avons pris 2,1 litre d'eau au point de contrôle précédent mais cela n'était pas assez et nous étions presque à sec au sommet de la dune. Grace au Foot POD nous savions que le ravitaillement suivant n'était pas loin mais avec la chaleur on a commencé à être un peu inquiet.

La montée de la grande dune dans la Cordillera de la Sal, les Andes dans le fond (© P. Gatta)
La montée de la grande dune dans la Cordillera de la Sal, les Andes dans le fond (© P. Gatta)

Après le 5e point de contrôle, le parcours est devenu moins technique avec un sol plus compact. Hélas la température a continué à grimper, restant autour des 45°C pendant plus d'une heure et demie. On s'est mouillé le visage et la tête régulièrement et Anna a marché dans l'ombre de Philippe pour essayer de fuir le soleil. On a gardé un rythme tranquille pour ne pas faire trop monter la température corporelle tout en continuant à manger, boire et prendre de l'électrolyte.

Entre le point de contrôle 4 et 5 avec une température de 46°C (© P. Gatta)
Entre le point de contrôle 4 et 5 avec une température de 46°C (© P. Gatta)

Après le point de contrôle 5 le vent s'est levé à nouveau faisant baisser une peu les températures. Malgré la fatigue on a pu recourir un petit peu.

Le vent a continué à forcir et il soufflait en violente rafale quand nous avons passé le point de contrôle 6. Ce 6e et dernier point de contrôle de la journée marquait l'entrée dans la célèbre Vallée de la Lune.

Le sel couvrant le sol dans la Valleé de la Lune (© P. Gatta)
Le sel couvrant le sol dans la Vallée de la Lune (© P. Gatta)

A nouveau la tempête à fait suite aux rafales de vent. Le ciel noir traversé de quelques rayons de soleil, les éclairs, le sel blanc au sol et les falaises ocres ont formé des couleurs et un paysage grandiose. Malgré sa fatigue Anna a tout de même pu apprécier un peu cette ambiance, sachant que nous n'étions pas loin de l'arrivée.

L'Amphithéâtre dans la Vallée de la Lune à 5 km de l'arrivée (© P. Gatta)
L'Amphithéâtre dans la Vallée de la Lune à 5 km de l'arrivée (© P. Gatta)

Philippe a pu prendre plusieurs vidéos avec les éclairs. Nous n'étions qu'à 5 km du camp et malgré la fatigue on savait qu'on était sur le point de terminer cette longue journée et donc la course.

Eclairs dans la Vallée de la Lune (© P. Gatta)
Eclairs dans la Vallée de la Lune (© P. Gatta)


Nous sommes arrivés au camp après un peu plus de 12 heures de course, juste avant le retour de la pluie. Anna a passé 45 minutes à soigner ses ampoules puis nous avons fait le dernier prélèvement sanguin pour l'analyse des taux de sodium. Fatigué on a quand même préparé un bref repas avant de se coucher. Malgré l'extrême fatigue de cette longue étape il est toujours difficile de trouver le sommeil, surtout quand en plus il pleut et qu'il y a du vent.

Sous la menace des éclairs de plus en plus proches, nous nous sommes préparés à évacuer. A quelques dizaines de kilomètres de là, l'organisation a décidé de stopper les 35 concurrents toujours en course et de les ramener au camp.

Nous avons utilisé une montre Suunto T6d avec un accéléromètre Foot Pod pour enregistrer les distances, altitudes, vitesses et températures sur l'ensemble de la course. On peut voir sur le graphe ci-dessous la montée et la descente de la grande dune (entre le 36e et 40e km). On peut voir aussi les températures entre 40°C et 46°C (entre le 40e et 48e km). Comme pour la course dans le Sahara la T6d a beaucoup aidé, en particulier pour savoir à quelle distance on était du prochain ravitaillement. Ca permet de mieux gérer l'effort et surtout l'eau. Le détail de l'enregistrement est visible sur Movescount.

Distance, altitude, vitesse et températures enregistrés avec une Suunto T6d (© P. Gatta)
Distance, altitude, vitesse et températures enregistrés avec une Suunto T6d (© P. Gatta)

Vicente Juan Garcia Beneito a gagné cette étape en 7h44, nous avons terminé en 12h22 et le dernier a terminé en 18h01.

9 Mars : jour de repos

Encore une fois nous nous sommes réveillés sous un superbe ciel bleu. On pouvait lire sur chaque visage la fatigue extrême accumulée ces derniers jours. Le camp ressemblait d'ailleurs à un hôpital avec tous les coureurs boitant et plein de strapping.

Les coureurs qui ont été évacués la veille ont pu reprendre l'étape là où ils s'étaient arrêtés. Pour tous les autres ce jour a été un jour de repos où l'on n'a fait que penser à la douche et la pizza du lendemain.

Anna et Philippe pendant le jour de repos (© P. Gatta)
Anna et Philippe pendant le jour de repos (© P. Gatta)

10 Mars 10, 6e étape : "Final footsteps to San Pedro" - 8 km

Cette fois ci nous avons eu le briefing à 10h au lieu de 7h30. On a pu dormir un peu plus et surtout on a appris que l'étape jusqu'à San Pedro ne faisait que 7 km au lieu des 11 km prévus. En réalité on a mesuré 8 km avec la montre et ce petit km de plus nous a semblé terriblement long.

Passer la ligne d'arrivée est toujours un moment intense. Nous avons reçu notre médaille et peut-être plus important une pizza et un Coca... Le médecin qui a dirigé l'étude nous a confirmé que nos résultats étaient bons. On a perdu 2 kg mais le taux de sodium et l'activité des reins sont restés bons. On peut donc conserver notre stratégie d'alimentation, hydratation et de prise d'électrolytes pour les prochaines courses.

Vicente Juan Garcia Beneito a gagné cette étape en 34', nous avons terminé en 51' et le dernier a terminé en 1h03.

La ligne d'arrivée de l'Atacama Crossing 2012 (© P. Gatta)
La ligne d'arrivée de l'Atacama Crossing 2012 (© P. Gatta)

Les résultats de l'Atacama Crossing

Vicente Juan Garcia Beneito a gagné la course en 23h46, Anne-Marie Flammersfeld a gagné chez les femmes en 29h49, Shrimathi Swaminathan -dernier finisher- a terminé en 63h06.
Anna et Philippe ont terminé 57e en 38h26 et Anna gagne dans sa catégorie et finie 6e femme.
130 compétiteurs ont fait toutes les étapes de cet Atacama Crossing 2012 sur les 152 au départ.

Plus d'informations et les résultats complets sont disponibles sur le site officielt de l'Atacama Crossing.

Désert d'Atacama, San Pedro et les Andes (© A. Gatta)
Désert d'Atacama, San Pedro et les Andes (© A. Gatta)


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